Un PLU revisité pour accueillir l’OL Land...

, par  Henri Thivillier , popularité : 54%

Madame le maire, chers collègues,

La délibération qui nous est proposée ce soir précise les réserves que nous ne pouvons manquer d’exprimer sur ce projet de révision du PLU qui est surtout et uniquement relatif aux conditions d’urbanisme réglementaire propices à la réalisation des ambitions de l’OL et de son président, à la réalisation d’un grand stade de football, propriété et projet d’une société de droit privé à but clairement et économiquement profitable.

Que ce stade, en tant qu’équipement sportif, soit construit ici ou là importe peu, dans la mesure où la plus grande attention est portée aux populations environnantes, à la maîtrise des nuisances induites, à la dépense de l’argent public sur quelques actions secondaires d’accompagnement du projet.
Or, au delà de l’impact médiatique ou d’image dont nous ne voulons pas discuter l’opportunité ou l’intérêt, ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans ce projet.
Précisons tout de suite que nous ne nous laisserons pas entraîner dans une quelconque et sordide histoire de clocher et qu’en d’autres termes il n’est aucunement question d’opposer des intérêts clochemerlesques entre Décines, Vénissieux ou Lyon par exemple.

Nous exprimons de vives réserves ce soir parce que nous avons le sentiment que les populations riveraines en particulier, les habitants de l’Est lyonnais spécialement, et même ceux de la communauté urbaine de Lyon en général, ne sont pas bénéficiaires au final de ce projet, dont la plus grande part va à la réussite de l’opération de l’OL Groupe, dont le chiffre d’affaires, faut-il le rappeler est du à 20% au Foot et 80% aux activités commerciales connexes.

Ainsi, la question des accès, de leurs traitements urbains, économiques, écologiques, énergétiques ne sont fixés nulle part avec précision dans le dossier. Des promesses sont faites ici ou là, des études sont annoncées, mais aucun calendrier n’est arrêté, aucun d’objectif d’emplois nouveaux, aucun service supplémentaire rendu aux habitants. Ce ne sont pas nos concitoyens qui voient leurs demandes et leurs besoins satisfaits, ni les habitants, ni les salariés, ni les acteurs économiques dans l’attente depuis si longtemps. L’offre de service rendu et l’ offre d’aménagement urbain sont proposées sous la pression et l’exigence d’une entreprise privée pour la satisfaction de ses propres objectifs.

Il y a là un véritable détournement intellectuel, moral et politique de la gestion de nos collectivités publiques. Tellement illégal qu’il a fallu l’artifice d’un cavalier législatif voté à l’emporte pièce, quasiment dans le secret, volé au détour d’une loi qui n’a rien à voir ni avec l’aménagement du territoire, ni avec l’urbanisation d’une grande agglomération, ni avec le cadre réglementaire d’un plan d’urbanisme.

Que dire, à cette suite, des moyens budgétaires qui vont être mobilisés pour faire en sorte que ce projet ne pénalise pas ou le moins possible les riverains. Ils seront considérables (prolongement du T2 jusqu’à Eurexpo puis promesse jusqu’à Chassieu, antenne du T3, voie en site propre, noria de bus pris sur je ne sais quel contingent, mail, sorties de la Rocade, parkings voitures, etc., ……) sans parler de la sur-saturation de cette Rocade Est à 2 fois 2 voies, devenue insupportable à vivre aux habitants de l’Est lyonnais.

Ainsi amputés de centaines de millions d’€uros, la PPI du Grand Lyon devra reporter à d’autres plans de mandat des opérations pourtant attendues avec une impatience extrême par les Est-Lyonnais :
pour Vénissieux, le franchissement des voies ferrées par le B.U.E., qui serait, lui, un véritable boulevard urbain est indispensable pour ne plus perdre son temps à transiter par le centre de Lyon ou le Bd périphérique archi comble afin d’aller tout simplement travailler
De même, la réalisation d’une ligne en site propre de transports collectifs circulaire, de St Fons / Gerland à Vaulx / Rillieux apporterait tellement de solutions aux habitants et travailleurs de la première couronne Est.
Avec les connections intelligentes aux autres grands tuyaux de Transports en commun Métro D et A, Tram T2 et Léa et Leslys…) on imagine que l’argent public serait bien dépensé.
Le propos serait alors tout autre.
J’ajoute qu’aucune indication de la sélection des opérations inscrites au plan de mandat qui seraient reportées (peut être sine die) à de prochaines mandatures n’est connue de personne ni d’aucun élu municipal ou communautaire.

Sans parler que la question de grand centre commercial associé à ce projet n’est pas vraiment clarifiée et que les affirmations d’impossibilité réglementaire ne sont pas gravées dans le marbre.

Dans cet état d’informations, le groupe des élus communistes et apparentés de Vénissieux ne peut qu’approuver les réserves exprimées de manière très mesurées par la délibération qui nous est proposée.

Je vous remercie