Oui, un statut de l’élu !

, par  Aurélien Scandolara , popularité : 41%

Visiblement, Mrs Girard et Monchau n’ont rien appris de cette campagne électorale et du choix des Vénissians.

Tous ceux qui ont mené campagne sur le thème « 80 ans de communisme, ça suffit » ont utilisé cet argument mensonger de l’indemnité du maire, allant jusqu’à organiser des collages interdits sur les vitres d’allées des immeubles collectifs, notamment des quartiers populaires. Et comme souvent, la forme est liée au fonds. Cet affichage anonyme méprisant, pour les agents des bailleurs qui ont nettoyé ces collages et pour les habitants, est d’abord et avant tout un mensonge populiste.

Michèle Picard a répondu précisément dans ses rencontres publiques. Son indemnité est entièrement définie par le cadre réglementaire de l’indice de la fonction publique et du statut de l’élu, statut que nous jugeons pourtant bien incomplet, Non, l’indemnité votée n’a pas augmentée par rapport à son prédécesseur !.

Si ce cadre réglementaire situe Vénissieux au même niveau que Villeurbanne, c’est en dessous de Lyon, et il suffit de consulter par exemple le journal Capital, peu suspect de sympathie communiste, pour constater qu’une quinzaine d’élus de l’agglomération touchaient déjà en 2013 plus de 10 000€ d’indemnités. Pourquoi alors chercher la paille à Vénissieux sans voir les poutres de vos amis Lyonnais ? Pourquoi choisir encore et toujours cette grosse ficelle qui ne vous a pourtant pas été favorable dans la campagne ?

Sans doute d’abord pour tenter de faire oublier que si vous voulez qu’on parle des élus et de l’argent public, commencez par parler de ceux qui trichent avec l’argent public ! On peut parler de ce grand économiste DSK dont on vient d’apprendre qu’il avait mis en faillite sa société avec un passif de 100M€, de ce procès Tappie que Sarkozy et Lagarde avaient réglé pour un peu plus de 400M€, mais aussi des Cahuzac, Balkany ou Dassault et tant d’autres ! Or vous pouvez toujours chercher un élu communiste qui se serait enrichi dans ses fonctions, ça n’existe pas ! Il est vrai que nous n’avons pas de relations dans les cercles boursiers, dans les conseils d’administration des banques et des multinationales... où par contre se croisent chaque jour les amis de tous les partis gouvernementaux, ceux qui passent des ministères aux multinationales alternativement.

Sans doute aussi et surtout pour encore et toujours diviser les Vénissians, les opposer entre catégories pour leur interdire de s’unir face aux difficultés. Car bien sûr, les milliers de « bénéficiaires » du RSA peuvent regarder comme des privilégiés ceux qui ont un emploi stable, fut-ce au SMIC... Les Smicards peuvent regarder les techniciens et enseignants comme des privilégiés, et ces salariés des couches moyennes peuvent eux-aussi regarder les ingénieurs et cadres comme des ennemis. Et pendant que tous ceux qui vivent de salaires, de pensions ou d’indemnités se regardent de travers, les vrais riches rigolent, ceux qui pour l’essentiel n’habitent pas Vénissieux, ceux qui ne sont pas dans les 2000 demandeurs de logements sociaux de Vénissieux, ni dans ceux qui essaient d’acheter parcequ’ils ont des salaires normaux et parfois un petit patrimoine.

Et cette opposition entre salariés s’exprime aussi dans l’opposition populiste entre habitants et élus. Car ceux qui défendent l’austérité pour les salariés et les collectivités au profit des gabegies du CAC40 ont besoin que la méfiance envers la vie politique continue son travail de sape pour que les Français se détourne de tout projet de société, cèdent au fatalisme qui pousse à l’abstention, ou s’en remettent à un sauveur médiatique. Vous voulez empêcher que les Vénissians se saisissent de leur élus pour défendre leur ville et ses services publics.

C’est bien là le vrai objectif de votre bataille populiste, opposer les Vénissians selon leurs revenus, alors que ce sont pour l’essentiel des revenus du travail, et dans ce cadre, les opposer à leurs élus pour aggraver la fracture sociale et politique, en espérant pouvoir ainsi trouver des opportunités de faire grandir vos mensonges.

Et bien, nous continuerons à défendre le service public et son statut, les salaires et leur revalorisation, et à unir tous les Vénissians, ceux aux plus faibles revenus comme les autres. Votre campagne populiste et mensongère a été rejetée par les Vénissians avec éclat ! Les élus Vénissians sont tous des ouvriers, employés, enseignants, commerçants et cadres dont les revenus venaient de leur travail, et dont les indemnités sont celles du statut de la fonction publique. Non seulement nous les défendons, mais nous réclamons un vrai statut de l’élu qui permettent à encore plus de citoyens issus du monde du travail d’investir la vie politique pour en débusquer les vrais profiteurs.