Audition des salariés en lutte de la société St Jean Industries Intervention de Henri Thivillier

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Audition des salariés en lutte de la société St Jean Industries

Expression du groupe communistes et apparentés
Lundi 19 janvier 2009

Le moteur du capital a toujours été le profit et l’exploitation des
ressources humaines et matérielles au bénéfice du plus petit nombre.
Aujourd’hui, si le capital est en crise c’est que celle-ci résulte d’une
opération de refonte du capital au niveau mondial, nécessaire pour tirer
encore plus de plus value du travail, masquer les escroqueries des banques
et des établissements financiers, tenter de faire disparaître les dégâts du
tsunami des spéculations boursières sans barrière ni contrôle.
Toutes les entreprises de production industrielle sont dorénavant touchées,
et parmi elles, les PME-PMI de la sous-traitance.
Dans le pays, le secteur automobile a déjà fait payer la note aux
intérimaires, valeur d’ajustement du travail comme ils disent. Comme si les
hommes ne sont que quantités négligeables, pauvres choses, pauvres rebuts qu
’on jette après usage, manipulables, corvéables à merci, les serfs des temps
modernes !
Aujourd’hui le secteur de la sous-traitance, celui de la sous-traitance de
la sous-traitance, sont à leur tour dans le collimateur.
Trop de chefs d’entreprises, trop de patrons ont le cynisme de profiter de
la crise pour améliorer en douce les conditions de maximalisation de leurs
sources de profit, jusqu’à aller à couler leurs propres outils de production
qui ont fait et font pourtant leurs richesses, si ce n’est aujourd’hui,
sinon demain..
Depuis trente ans, c’est à une véritable politique d’abandon industriel que
l’on assiste. Chez Berliet, puis RVI et maintenant Volvo-Renault Trucks,
Vénissieux a perdu 25.000 emplois industriels en trois décennies à travers,
par exemple, 17 (dix sept) plans de départs anticipés.

Dans l’automobile, au delà des 700.000 emplois directs, ce sont les
2.500.000 emplois induits qui vont être sacrifiés sur l’autel du profit
immédiat à tout crin.
Les licenciements, le travail précaire, l’insécurité de l’emploi, les
menaces permanentes de délocalisation, le chantage à l’emploi, les temps
partiels, le chômage latent et pérenne, autant de nouvelles fractures
sociales qui détruisent les hommes et les familles, instaurent comme
principe de gouvernement la pauvreté et la précarité du monde du travail.
Le socle social indispensable à notre vie digne et humaine est en péril.

C’est ce que vivent si douloureusement les salariés de St Jean Industries et
c’est exemplaire :
Leur PDG, après avoir joué au Monopoly avec des reprises manifestement
spéculatives d’entreprises et en prévision de délocalisations fructueuses,
à Leipzig en Allemagne, aux USA, en Croatie, profite de la crise pour
liquider ses sites nationaux après avoir organisé leurs propres difficultés
économiques.
Et quelles difficultés ? Celles qu’il a lui-même mises en place en négociant
mal ses marchés de pièces auto, en allant jusqu’à transformer l’usine de
Vénissieux (ex Duranton Sicfond déjà plantée par les exigences spéculatives
de Peugeot SA en 2005), cette usine ultra compétente, au carnet de commandes
assuré jusqu’à fin 2009, en société bidon qui, aussitôt créée, dépose le
bilan.

Comment cela est-il possible ? Faut-il imaginer les complicités les plus
cyniques au plus haut de l’Etat en plein accord avec les forces du Capital
national ? On peut se poser la question quand on entend le chef de l’Etat,
son gouvernement annoncer dans le même temps 1 milliard d’ ?uros dès la fin
de ce mois pour les entreprises automobiles, puis faire les gros yeux
hypocrites aux entreprises qui ne joueraient pas le jeu, mais quel jeu ?
et de soi-disant exiger, je cite, qu’ « en contrepartie, les constructeurs
s’engagent à ne pas fermer de sites, à ne pas délocaliser leur production et
à ne pas encourager leurs équipementiers à le faire » fin de citation !
Ou bien encore de réunir des Etats Généraux pour pérenniser l’automobile en
France pour soi-disant « refonder un véritable pacte automobile pour
préserver l’emploi, reconquérir des parts de marché et augmenter l’
attractivité en France ».
Sur le terrain, chez St Jean Industries, pour ceux qui sont licenciés, pour
leurs familles, force est de constater que ça ressemble fort à de la poudre
aux yeux, à de la propagande, à un effet d’annonce et à un faux semblant
auxquels le peuple français est maintenant tellement habitué de la part du
gouvernement Sarkozy-Fillon !

Renault Trucks, VOLVO, Peugeot, Renault... doivent venir s’expliquer devant
les travailleurs de la sous-traitance, devant la population, rendre des
comptes sur leur exigences de rentabilité financière, sur la programmation
organisée de la délocalisation de la sous-traitance, sur la recherche coûte
que coûte de l’ultra bénéfice.
Mr Di Serio, PDG de St Jean Industries, doit venir s’expliquer devant ses
employés et salariés, devant les familles qu’il condamne au drame social ;
il doit venir leur dire en face comment il saisit l’opportunité d’une
renégociation de marché avec Volvo trucks pour sauter sur l’occasion et
justifier une délocalisation en Croatie ou ailleurs, là où l’esclavage
ouvrier est encore de mise.

Le groupe communistes et apparentés des élus vénissians s’élève de toutes
ses forces contre de tels agissements, contre de telles méthodes.
Il appelle à faire front, à entrer en résistance pour conserver l’emploi
industriel en France, singulièrement celui de l’industrie automobile et du
poids lourd et particulièrement dans notre ville, à Vénissieux. D’autres
entreprises sont à cet égard touchées de plein fouet, de Renault Trucks à
Bosch par exemple.
Il appelle travailleurs et population à se mobiliser autour des salariés de
St Jean Industries.
D’abord pour les soutenir dans leur combat quotidien, conserver leur emploi
et leur outil de travail et de production
Pour leur apporter les moyens de leur lutte, la solidarité des vénissians, l
’aide financière à leurs familles
Ensuite pour réclamer que l’Etat et le Gouvernement interdisent de manière
la plus ferme et condamnent les entrepreneurs-voyous qui délocalisent les
productions, les machines-outils, les savoirs-faire. après s’être gavés des
aides de l’Etat, c’est à dire avec l’argent du contribuable que nous sommes,
et qui rackettent de manière délibérée la France et les français.
Merci

H Thivillier
Président du groupe communistes et apparentés