TRAVAIL DU DIMANCHE La lettre des élus communistes et apparentés de Vénissieux N°50- Janvier 2019

, par  Sophia Brikh , popularité : 27%

Le 13 juillet 1906 dans un pays déchiré par une crise sociale, la loi instaura enfin le repos du dimanche.

Les débats relatifs au travail dominical opposent d’un côté les tenants du libéralisme et de l’autre, les défenseurs du maintien d’un temps de repos commun consacré à la vie en société et en famille.Travailler le dimanche va de pair avec une perte de sociabilité familiale et amicale et une diminution du temps de loisirs. Clairement le jour de repos compensatoire en semaine ne rattrape pas ce temps en famille car il est rarement utilisé pour les loisirs.

L’ouverture des grands commerces le dimanche, n’est en réalité que la création pure et simple d’un besoin de consommer qui n’existait pas. Rappelons que le travail du dimanche n’est pas créateur d’emplois. Il alimente le travail précaire et se nourrit de l’argument du complément de salaire qu’il représente pour les petits revenus. Avec la banalisation du travail du dimanche, cette journée deviendra un jour comme les autres, payé comme les autres, comme au Canada, aux États Unis.

La loi MACRON est le parfait exemple de ces mesures qui tendent à libéraliser l’économie contre l’intérêt des salariés et du petit commerce de proximité qui voit ses clients partir vers les grandes surfaces quand celles-ci sont ouvertes le dimanche.

Il y a peu, en Savoie, des femmes ont lutté pendant 4 années contre la direction de ED qui leur imposait le travail dominical. Elles ont été en grève tous les dimanches pour protester. Les revendications de ces femmes en situation précaire, sont claires.

  • « Je suis mère célibataire, j’ai une petite fille, et le dimanche je préfère être avec elle qu’au travail. En plus le prix de la nounou me couterait plus cher que ce que je gagnerais !(…) ».
  • « La consommation, la surconsommation, y’en a ras le bol ! Il faut préserver notre planète, alors préservons la ! Les sous de toute manière, on n’en a pas à gogo. Et le dimanche, on a autre chose à faire que d’aller en course. Nous aussi on a des familles et on aimerait en profiter ! ».

Soutenues en masse par des centaines d’anonymes, la CGT, puis le maire et divers personnalités politiques et sociales de la région, elles finiront par gagner leur combat au terme de 102 dimanches en grève !

Le repos du dimanche a été l’objet de luttes sociales depuis des décennies, mais en 2018 force est de constater qu’il demeure un acquis social fragile pour lequel il faut encore se battre.