Résistance contre l’abandon de l’Etat ! Intervention de Henri Thivillier

, par  Henri Thivillier , popularité : 30%

Conseil Municipal du 21 juin 2010
Délibérations n°1-2-3-4

Madame le Maire, Chers collègues,

Les collectivités locales sont dans l’obligation de présenter des comptes administratifs équilibrés et rendent compte du bon usage de l’argent public. Cet exercice, chaque année, apporte la preuve que contrairement à ce que veulent faire croire SARKOZY et ses ministres, les collectivités territoriales, sont bien gérées malgré des moyens toujours plus restreints et des charges nouvelles et alourdies. Ce n’est pas le cas de l’Etat, ni de ce gouvernement, qui endette le pays sans aucun frein, qui distribue ses prébendes à ses ami-e-s les plus cher-e-s (aux deux sens du mot bien entendu) et qui fait payer le peuple français, celui qui vit de son labeur, de sa retraite ou de son épargne et celui qui tente de survivre, au bord de l’asphyxie sociale et parfois morale.

Dans ce pays, les collectivités territoriales font près des ¾ de la commande publique et donc de l’investissement public. Ce sont elles qui font marcher l’économie locale, pourtant ce sont elles qui sont montrées du doigt pour mieux expliquer la nécessité des réformes des Politiques Publiques, de la Taxe Professionnelle, des 3 fonctions publiques et enfin des Collectivités Territoriales.

Quelques exemples pour ceux dont les peaux de saucisson devant les yeux sont décidément bien opaques, à moins que ce ne soit leur mauvaise foi réactionnaire ou encore leur allégeance au patronat et au MEDEF :
DGF évoluant en dessous de l’inflation, TP gelée à sa valeur de 2002 (probablement 2 millions d’€uros de manque à percevoir pour la ville cette année), compensations fiscales en baisse, Dotation Générale de Décentralisation en baisse, et néanmoins pour rendre à César ce qui est à César, DSU et DDU plus importantes que prévues.
Et malgré ces moyens limités, malgré les coûts du fonctionnement en hausse constante qui nous font toujours craindre le fameux effet de ciseaux, la ville a maintenu ses capacités d’investissement, au même niveau que les années précédentes grâce à une gestion des plus serrées, grâce à la dynamique des constructions neuves dans le logement et l’entreprise, témoignage de la réalité du « bond en avant » de la ville.
Le résultat positif ainsi dégagé est nécessaire pour abonder le Budget Supplémentaire 2010 qui permettra entre autres un moindre endettement de la ville.

Les lendemains qui s’annoncent nous font craindre le pire. Alors que les banques se gobergent sur le dos des grecs par exemple avec l’argent prêté si aimablement par SARKOZY, alors que les nantis défendent férocement les inégalités croissantes entre revenus du travail et du capital, alors que ce sont ces inégalités qui plombent les retraites solidaires, ce gouvernement prévoit aussi de geler l’augmentation des dotations de l’Etat aux communes à la moitié de l’inflation. Il endette le pays avec un grand emprunt tout profit pour la spéculation, nous fait payer sur nos factures d’énergie ce qui finance les investissements du nouveau capitalisme vert en lui concoctant aux petits ognons des Grenelles plus technocratiques les uns que les autres. Il continue à renforcer des dépenses militaires que personne n’a mis en cause dans la crise, renie la solidarité nationale en se défaussant de la politique du logement social sur les Offices HLM, donc les locataires, sur les collectivités locales et sur le dos des travailleurs par le racket de la contribution des entreprises à l’effort de construction.

Le Conseil National des Villes, réinstallé récemment par F. FILLON, s’est fait le porte-parole des maires des villes et des quartiers défavorisés pour exprimer leurs craintes d’une politique de la ville à nouveau reportée d’une année, sans aucune perspective ni clarification des financements. Vénissieux, ses quartiers populaires peuvent à bon droit s’inquiéter du niveau ou même de l’obtention de la Dotation de Solidarité Urbaine, celle du Développement Urbain, des moyens associés et du devenir de la politique partenariale pour 2011, 2012 et suivantes.
La bonne qualité de gestion de la ville, des villes, leurs comptes équilibrés ne peuvent masquer notre grande inquiétude quant à l’avenir et à nos capacités futures à répondre aux besoins de notre population, de nos habitants et à garantir un service public d’autant plus nécessaire que la précarité touche ou peut toucher maintenant toutes les classes sociales des travailleurs et retraités.
Le groupe communistes et apparentés, en appelant, aux côtés du maire, à une véritable résistance contre ces abandons, contre ce véritable lâchage de l’Etat qui nous attend, approuvera ces délibérations.

Henri Thivillier
Groupe communiste et apparenté de Vénissieux