« Le CFAL ne doit pas impacter les zones fortement peuplées ! »

, par  Assumpta , popularité : 17%

Ce projet-là va modifier en profondeur et pour des décennies l’aménagement de l’agglomération lyonnaise. Les élus communistes et apparentés ne s’opposent pas au principe de contournement du fret ferroviaire (CFAL), ni à celui du développement durable, mais ils refusent que les tracés envisagés affectent les zones fortement peuplées de l’Est lyonnais. Le point sur la question du CFAL avec l’interview de Yolande Peytavin, première adjointe. Un chiffre à ne pas oublier pour finir : le contournement fret, c’est en prévision un train toutes les 5 minutes ! En termes de développement économique, d’emplois et d’équilibre écologique, les enjeux sont bien colossaux.

« Le CFAL ne doit pas impacter les zones fortement peuplées ! »

Interview de Yolande Peytavin

Pour quelles raisons défendez-vous un tracé du CFAL le long de la ligne TGV existante ?
Yolande Peytavin : « Le transport des marchandises, des produits manufacturés, des matières premières et des énergies est naturellement essentiel pour une agglomération comme la nôtre, qui produit et qui consomme. Il faut faire en sorte que les 40% des trafics internationaux ou transnationaux qui transitent par le noeud de communications lyonnais impactent le moins possible les populations traversées et dans ce sens, les élus communistes et apparentés, et d’autres d’ailleurs, exigent que le tracé le long de la ligne à grande vitesse (celle du TGV) soit aménagé. Nous doutons à cet égard que les coûts de cette solution, incluant non seulement les travaux de la ligne mais aussi tous ceux annexes que ces ouvrages nécessitent, soient au bout du compte plus onéreux que l’Etat et RFF veulent bien le dire. Ensuite se pose la question de l’approvisionnement incontournable de l’agglomération et de la région urbaine de Lyon. Les communistes depuis plusieurs années interpellent les présidents du Grand Lyon et de la Région Rhône Alpes pour qu’un débat public ouvert soit engagé avec les populations, les entreprises, les collectivités, les forces politiques et sociales. »

Le choix de tel ou tel tracé ne risque-t-il pas de créer des déséquilibres profonds aussi bien au niveau économique que dans les bassins d’emplois ?
Yolande Peytavin : « L’activité économique, les productions industrielles, l’emploi productif, les déplacements des salariés, les modes de consommation sont au coeur du futur de l’agglomération et on ne peut raisonner seulement en termes d’exclusion de telle ou telle activité de notre vie collective d’agglomération. Pour nous, l’industrie de la chimie, lourde et fine, l’industrie métallurgique et automobile ne doivent pas quitter l’agglomération et les salariés ne doivent pas, en plus, avoir à payer les frais de délocalisations ou d’éloignements des lieux du travail.
Dans le même sens, la question de la gare de triage de Sibelin doit être abordée aussi avec les syndicats du rail et les organisations du transport.Encore une fois, nous ne voulons pas de ces politiques de gribouilles et de mesquinerie. Notre agglomération mérite une vraie politique de grands travaux d’aménagement du territoire. »

Le CFAL est un enjeu majeur qui changera le visage de l’agglomération lyonnaise pour ces prochaines décennies. Fait-il l’objet d’un débat ouvert, à la hauteur du projet ?
Yolande Peytavin : « La priorité des priorités est le contournement de l’agglomération réalisé d’un seul tenant du nord au sud et longeant la ligne à grande vitesse jusqu’à une localisation d’échanges des modes de transports entre le rail, le fleuve et l’autoroute pour détourner tout le trafic qui n’a rien à faire avec l’économie lyonnaise ou rhône-alpine. Ensuite, il faut ouvrir un débat local et public sur les approvisionnements et les échanges économiques de l’agglo lyonnaise pour partager avec les populations, habitants et travailleurs, les enjeux environnementaux, économiques, sociaux qui les concernent. De même, les lignes TER ou RER futures présentent aussi un enjeu de fond pour tous ceux qui se déplacent pour travailler, et la qualité des gares, des fréquences et des horaires doit s’inclure dans les choix sur l’organisation ferroviaire de l’Agglomération. Nous sommes conscients qu’il y a aussi un intérêt majeur à voir aboutir la ligne TGV Lyon-Turin, l’autoroute ferroviaire et la ligne transalpine fret.

La question environnementale n’est-elle pas reléguée au second plan ?
Yolande Peytavin :La protection des secteurs traversés, qu’ils soient habités ou naturels, est fondamentale, tant sur le plan des nuisances phoniques, sonores, des risques technologiques que sur le plan environnemental et écologique.
Nous soutenons d’avance un projet de réunion exceptionnelle des conseils municipaux associés dans PARFER, comme nous suggérons d’une part un débat public à l’échelle de la région urbaine de Lyon, voire de la Région Rhône Alpes, et un référendum populaire auprès des populations du Nord-Est, de l’Est et du Sud-Est de Lyon. En tout état de cause, les décisions du CFAL ne peuvent être prises d’autorité sous quelque prétexte que ce soit et nous serons la voix des populations à cet égard.

Le CFAL en chiffres-

en fonction des tracés choisis, pas moins de 300.000 habitants pourraient être touchés par le CFAL
- les prévisions de trafic tablent sur une moyenne de 300 trains par jour, soit un train toutes les 5 minutes
- des risques environnementaux certains puisque le CFAL pourrait traverser une zone qui fournit 70% des réserves d’eau de l’agglomération lyonnaise