Budget primitif 2021
Conseil municipal du 1er février 2021
Article mis en ligne le 5 février 2021
dernière modification le 6 février 2021

par Pierre-Alain Millet

Madame Le Maire, Mesdames et Messieurs

Ce budget confirme les orientations présentées en décembre à partir d’une gestion saine et utile à tous de la ville, avec un plan d’investissement en nette hausse qui permet de planifier l’ensemble de nos 150 engagements, et de maintenir notre autofinancement.

Je ne reviendrais pas sur la présentation de notre adjoint aux finances et permettez-moi de me limiter à situer ce vote budgétaire dans une situation politique et économique bousculée par la crise sanitaire, économique et sociale.

Car cette crise révèle chaque jour le gouffre qui sépare les discours politiques dominants, ceux des gouvernements successifs, des médias principaux, des experts et du MEDEF des réalités concrètes auxquelles nous devons tous faire face. Ce discours nous disait que la dette était telle que nous devions nous serrer la ceinture, repousser nos retraites, réduire nos dépenses de santé, accepter les restructurations des entreprises pour travailler plus, avant d’être plus nombreux au chômage.

Le mouvement en marche du président Macron en avait rajouté dans l’ignominie en laissant croire que les pauvres devaient se serrer la ceinture pour que les premiers de cordés puissent investir et créer la richesse qui ruissellerait vers tout le monde.

Patatras, la crise sanitaire économique et sociale a tout bousculé et les mêmes nous disent aujourd’hui que dans la crise il faut agir « quel qu’en soit le coût »... On en est à 560 Milliards. Qui connait le niveau d’endettement record ?

Et oui, contrairement au discours de l’orthodoxie budgétaire qui nous disait comme Margarat Thatcher « il n’y a pas d’alternative », il y a bien toujours un choix possible. Et nous savons tous que le choix le plus dur est devant nous quand il faudra dire qui doit payer les milliards financés par l’État depuis un an... Et nous entendons le refrain des mêmes qui commence : réformer les retraites, la sécu, le chômage, le logement... Ils n’ont pas changé, de Sarkozy à Macron, pour les gouvernements, ce sont les pauvres qui doivent payer ! Mais ce sont justement nos conquêtes sociales de 1945 à 1968 qui ont permis de tenir dans la crise : la sécu, le chômage, les retraites... ! Macron ne nous a pas fait un cadeau, il a simplement suspendu pour un temps, certaines de ses réformes antisociales, et assuré le fonctionnement courant de notre système économique, mais on apprend par exemple ces jours que l’État supprime 2000 emplois dans le réseau national du ministère des finances, et 500 à l’Office National des Forêts... Merci pour nos forêts ! Les difficultés sont toujours devant nous.

Alors Mr Iacovella, Mr Girard, allez-vous persévérer dans ce discours de la rigueur ?
Mme Ouata, vous avez choisi de vous engager en politique avec le parti qui symbolise l’arrogance des premiers de cordée, le mépris pour les pauvres, la dureté avec les syndiqués, ne voyez-vous pas l’urgence de changer de système économique ?

Je suis convaincu que la situation politique est totalement ouverte, que devant la violence de la crise, nous pouvons dépasser les clivages politiques issus de ce vieux monde inégal et nous retrouver nombreux pour reconstruire une république au service de tous.

Par exemple, quand 200 maires de toutes couleurs politiques ont lancé un appel au gouvernement pour qu’une part du plan de relance soit consacrée aux quartiers prioritaires, un appel initié par le maire communiste de Grigny, avec la contribution de Michèle Picard : qui pouvait penser qu’ils obligeraient le gouvernement à les entendre ? Et bien si ! Il vient de décider de consacrer 3 milliards du plan d’urgence aux quartiers prioritaires. 3 sur 560 au total, c’est un premier pas. Ça devrait représenter de l’ordre de 12 millions pour Vénissieux. Oublions un instant que parfois des annonces de l’État ne se confirment pas, que des créations annoncées sont des redéploiements, ou que des financements sont en fait financés par d’autres.

Ce plan propose de recruter 600 éducateurs et médiateurs, soit 2 ou 3 pour Vénissieux. Il faudrait beaucoup plus, 15 à 20 pour créer l’évènement à Vénissieux, mais nous prenons bien sûr, si ça se confirme !
De même, le plan propose 100M€ dans les équipements sportifs des quartiers, 400 000€ pour nous, et 2500 création de postes dans le sport, une dizaine pour Vénissieux. L’appel des maires en demandait 5000 et des aides au prix des licences... Ce serait un plus considérable pour des associations sportives en difficulté avec le confinement, la perte d’adhérents...

Le plan parle aussi de maisons de services publics, de centres de santé participatifs, d’augmenter les aides à la création de places de crèches, de conseillers supplémentaires à pôle emploi...

Voyez, devant l’urgence et la pression démocratique surmontant les clivages politiques, on peut être utile quand on s’y met tous ensemble. Alors permettez-moi de lancer un appel à nos oppositions locales. Sortez de votre posture électorale polémique ! Vous pouvez soutenir la plupart de nos engagements de plan de mandat, et pour les quartiers prioritaires comme pour toutes les politiques publiques, nous serons plus forts à demander ensemble de nouvelles mesures gouvernementales en faveur de notre ville !