UN BUDGET DE RÉSISTANCE La lettre des élus communistes et apparentés de Vénissieux N°51- Février 2019

, par  Pierre-Alain Millet , popularité : 12%

Il faut expliquer comment notre budget porte un choix de résistance aux injustices fiscales et sociales.

Nous n’avons que peu de leviers d’action pour la justice fiscale car nos recettes sont à 60% décidées par d’autres. Pour la taxe d’habitation qui représente 33% de nos recettes, on estime que désormais 10% de Vénissians la paie, et elle ne dépend pas de leurs revenus. Pour ceux qui ont bénéficié de la suppression de la taxe d’habitation, il faut expliquer que l’État qui a promis une compensation aux Villes et donc « remplace » le contribuable, le fait avec les recettes nationales composées de 56% de taxes que tout le monde paie. Or, en proportion de leurs revenus, les plus pauvres paient plus de TVA que les plus riches. Les Vénissians exonérés de taxe d’habitation vont désormais financer par la TVA la compensation de la taxe d’habitation !
Merci Macron !

Les communistes dénoncent depuis toujours l’injustice de ces impôts locaux. Jusqu’en 2018, pour compenser cette injustice, nous agissions avec les dégrèvements et exonérations, de l’ordre de 5M€. Mais pour une fiscalité juste, il faudrait revenir à une dotation forfaitaire qui corresponde réellement aux missions que nous assurons pour l’État (école, état civil).

Il faut aussi revenir à une fiscalité locale sur les entreprises, transférée à la Métropole en 2002 et qui est aujourd’hui très dynamique, mais une dynamique dont les communes ne bénéficient plus du tout !

Après la justice fiscale dans les recettes, nous faisons le choix d’une justice sociale dans les dépenses. Dans la limite de nos moyens, nous assurons des missions de service public essentielles au vivre ensemble, à la solidarité, aux droits fondamentaux. Pour cela, nous faisons le choix de nous appuyer sur le service public et le statut des fonctionnaires. Ceux qui nous reprochent une masse salariale trop élevée, sont ceux qui voudraient privatiser des services, acceptant alors de laisser la rentabilité décider des priorités et du niveau de qualité du service.

Oui, ce budget est un budget d’action contre l’injustice fiscale et sociale et nous en sommes fi ers, d’autant que nous tenons cet objectif avec une rigueur qui en fait un budget exemplaire d’un point de vue financier. Nous continuons à réduire la dette par habitant, tout en maintenant l’investissement au niveau de notre plan de mandat.

Bien sûr, ce budget ne suffi ra pas à compenser cette société d’inégalités violentes, mais il montre qu’une autre politique est possible, et dans ces temps de fracture profonde entre les citoyens et le politique, il faut le répéter. Il y a bien un choix politique possible, et ce n’est pas parce que tous les gouvernements successifs ont fait le choix des riches que la majorité de notre peuple ne peut pas trouver le chemin d’une véritable rupture pour une autre politique, une autre société, une société pour tous.