Développement durable - intervention Conseil municipal du 17 décembre 2018

, par  Serge.truscello , popularité : 20%

La COP 24 s’est terminée samedi en Pologne en confirmant les engagements de la COP 21 de Paris, mais comme à l’époque sans s’en donner les moyens. Les états refusent toute référence aux droits humains, ce que dénonce le secours catholique « En n’intégrant pas la dimension humaine et sociale indispensable, ils risquent (les états) d’entamer la nécessaire transition écologique en créant plus d’inégalités »

Oui face au réchauffement climatique les inégalités se creusent, entre pays riches et pays en développement, mais aussi entre les habitants d’un même pays.

Le mouvement des gilets jaunes est de ce point de vue révélateur. L’accumulation de l’augmentation des taxes sur les carburants, les énergies, alors que les salaires stagnent et que le pouvoir d’achat baisse, fait monter la colère, le ras le bol. Ce sont ceux qui ont le plus besoin de leur véhicule pour la vie de tous les jours, ceux qui voient les factures de chauffage grimper qui sont le plus pénalisés par les mesures du gouvernement au nom de lutte contre le réchauffement climatique.

Entre 2014 et 2017, le précédent gouvernement avait consacré l’essentiel du rendement budgétaire de la taxe carbone au financement du CICE, et non pas de l’écologie. Macron et son gouvernement ont continué cette pratique.
Le projet de loi de finances rectificative pour 2018, examiné au Sénat prévoit le transfert de 600 millions d’euros de recettes de la taxe sur les carburants, destinés au budget de la transition écologique, pour les réaffecter au budget général.

En 2019, l’Etat prévoit de prélever 37,7 milliards d’euros de TICPE (taxe sur les produits énergétiques), soit 4 milliards de plus qu’en 2018. Mais le montant dirigé vers le compte d’affectation spéciale « transition écologique » reste le même que l’an dernier, soit 7,2 milliards ou 19% du montant global ! En fait, c’est surtout l’Etat qui empochera le surplus.

Cette « écologie punitive » derrière laquelle se cache Macron pour alimenter les caisses de l’état, n’est plus supportable. C’est le message premier des gilets jaunes, partagé par une grande part de la population. Le président et les parlementaires des riches, feraient bien de revoir leur copie. Notamment en taxant plus fortement les revenus du capital, en s’attaquant réellement à l’évasion fiscale, en augmentant les taxes pour les entreprises les plus polluantes par exemple.
Une véritable transition écologique ne passe pas par la déréglementation, l’affaiblissement des services publics et un renforcement du marché pour y répondre. Il est d’ailleurs intéressant de relevé que le 1er sponsor de la COP 24 en Pologne était aussi le premier producteur de charbon polonais.

Il y a contradiction dans la loi de transition énergétique entre l’ambition de réduction des émissions de gaz à effet de serre et la priorité aux mesures concernant l’électricité qui concentre les aides publiques, alors que notre électricité est déjà dé-carbonée.

Le résultat est effectivement la confusion dans le débat public et chez beaucoup de militants du climat qui partagent la colère sociale et cherche comment lier sincèrement fin du mois et fin du monde. Qui ne savent comment faire avec l’appel de 60 acteurs pour les marches du climat qui dit, je cite « La hausse du prix des carburants est l’une des mesures nécessaires pour accélérer la baisse des émissions de gaz à effet de serre. ».

Et bien non, nous considérons que ce qui est nécessaire et urgent, c’est l’investissement public massif dans les transports non carbonés, à commencer par le rail que ce gouvernement vient d’affaiblir avec sa réforme de la SNCF, après les précédentes dont le terrible bilan était la réduction de moitié du fret ferroviaire, favorisant ainsi les transports routiers. Ce qui est nécessaire et urgent c’est un plan global de changement d’échelle du transport en commun urbain.

Ce qui est nécessaire et urgent c’est une augmentation du pouvoir d’achat permettant de changer de véhicule, pour des véhicules moins polluant, l’augmentation des dotations aux collectivités territoriales pour accélérer et renforcer les actions de développement durable, une aide massive, notamment aux bailleurs sociaux, pour améliorer la performance énergétique des bâtiments.
A Vénissieux, le rapport présenté ce jour démontre une fois de plus que nous prenons cette question du développement durable à cœur, mais pour nous il ne peut y avoir de développement durable, sans développement humain. Nous avons une autre vision de la transition énergétique, humaine et sociale, et plus efficace.
• Nous avons développé les énergies renouvelables, avec le réseau de chaleur, une installation de production d’électricité photovoltaïque au centre technique municipale
• Nous avons travaillé à réduire la consommation énergétique des bâtiments de la ville, comme par exemple, le remplacement de luminaires par des leds, plus performants.
En 2017/2018, nous avons travaillé sur l’agenda 21 de la ville pour la période 2017-2022, ce qui a permis de délibérer une nouvelle feuille de route « Vénissieux 2030, humaine et durable, solidaire et citoyenne »

Une trentaine d’action a été retenues, contribuant aux enjeux identifiés, de la réduction de l’impact sur le climat, de l’épanouissement des êtres humains, de la préservation d’un environnement urbain de qualité, des actions de solidarité et de la promotion des modes de productions et de consommations responsables.

Pour autant nous ne pouvons agir que sur notre ville, alors qu’il faudrait une vraie politique décarbonée à la hauteur des besoins de transports de marchandises et de voyageurs.