DÉBAT D’ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES La lettre des élus communistes et apparentés de Vénissieux N°50- Janvier 2019

, par  Pierre-Alain Millet , popularité : 28%

Si une grande partie du monde connaît une croissance continue depuis des années, la France stagne avec la zone euro. Depuis plus de trente ans, les gouvernances expliquent que notre contexte économique et social déclinant serait la faute du coût du travail et des dépenses publiques insupportables. Elles rivalisent de suppressions d’emplois publics et de baisses des dotations aux collectivités. Malgré l’austérité, la dette est toujours en hausse. Normal dans un pays ou la moitié du PIB est réalisée par le secteur public !

Au niveau local, l’investissement public est décisif pour l’emploi, et l’austérité imposée aux communes a un effet de ralentissement de la construction. Alors, les décideurs économiques sont ils stupides ? Incompétents ? Au contraire, ils connaissent bien le résultat de leurs politiques ! Le 1 % des français les plus riches auront des revenus 2019 en hausse de 6 %. Le millième gagnera 86 290 euros supplémentaires par an, chacun ! Par contre, les 20 % de Français les moins bien lotis perdront 3,5 milliards d’euros, dans un contexte où les prix repartent à la hausse, loyer, énergie...

Les Français ont bien compris pour qui sont faites les politiques publiques en surnommant Macron « le Président des riches ». C’est depuis Mitterrand que le partage de la richesse s’est dégradé pour les salariés qui perdent 100 milliards par an au profit des actionnaires.

Alors n’oublions pas les ordres de grandeur quand Macron annonce des mesures sociales pour seulement 10 milliards d’euros. Gardons aussi en tête que ce ne sont pas les riches qui vont les payer mais les autres salariés !

Avec 140 milliards par an qui partent dans la spéculation et les dividendes, la baisse de 13 milliards de dépenses publiques que le gouvernement impose aux collectivités est totalement injustifiable. Sans oublier les 40 milliards du CICE, les 100 milliards par an de la fraude et l’évasion fiscale selon un rapport du sénat...

Non, vraiment, 10 milliards, ce n’est rien par rapport à la richesse produite et à la richesse accaparée par les grands actionnaires...

Alors, il faut espérer que la fronde des maires converge avec les luttes sociales afin de remettre en cause ces politiques en faveur des riches. Il faut plus de dépenses publiques pour l’école, la santé, les transports, l’efficacité énergétique, le logement.

Nous défendons notre commune et ses projets pour obtenir plus de financements. D’abord de la part de la Métropole qui garde aujourd’hui les revenus du dynamisme économique, et n’a toujours pas ouvert la discussion sur son rôle de redistribution contre les inégalités territoriales. Mais également de la Région dont on ne peut accepter la politique injuste et clientéliste. Et enfin de l’État qui reste le premier acteur des politiques publiques.

Et pour cela, nous soutenons une gestion rigoureuse, sérieuse, qui préserve jusqu’à aujourd’hui les capacités d’action de notre Ville, en recherchant toutes les marges de manœuvres possibles, et en ouvrant le débat avec les Vénissians sur nos priorités.