Contre l’austérité, la désobéissance civique ? La lettre des élus communistes et apparentés N°36 - Juillet 2016

, par  Pierre-Alain Millet , popularité : 18%

Gérer une grande ville populaire dans cette société injuste et violente est un défi. Pour près d’un Vénissian sur trois, c’est la pauvreté et la précarité qui font le quotidien, et pour tous les Vénissians, ce sont les inquiétudes sur l’avenir des enfants, la santé, l’accueil des anciens, les incivilités et les trafics qui progressent, et ce monde de plus en plus fou qui multiplie les guerres et les réfugiés.

C’est dans ce contexte politique que nous travaillons à faire vivre un service public communal utile à toutes les catégories de Vénissians, des plus pauvres, à ceux qui réclament légitimement de nouveaux services dans une ville vivante et qui se développe.

Le compte administratif montre que nous le faisons avec rigueur. Lors du vote du budget, nous n’avons pas caché les risques qui pèsent sur notre ville. Nous avons pris des décisions, et nous les mettons en œuvre. Résultat, ce compte administratif est encore meilleur que nos projections. Nous avons contenu les dépenses sans qu’aucune mission de service public n’ai été remise en cause. Le développement de la ville a un impact positif sur la fiscalité locale, et nous obtenons une baisse de notre endettement.

Bien sûr, le résultat se ressent de la baisse des dotations totales de l’Etat et notre résultat est au final inférieur à 2014. Notre effort de rigueur ne peut donc se relâcher, d’autant que du côté du parti de Mr Girard, on annonce des mesures encore plus drastiques après 2017 s’il venait au pouvoir, et que du côté du parti de Mr Ben Khelifa, c’est à dire du gouvernement, si Mr Hollande a annoncé la réduction de moitié de la baisse des dotations en 2017, nous avons bien compris que ce n’était qu’une annonce électorale, même pas confirmée d’ailleurs pour l’instant, et qui ne change rien à la logique de baisse des dépenses publiques et d’affaiblissement des communes !

Mais nous avons l’habitude, nous serrons les coudes, nous ferons de plus en plus d’effort pour permettre aux Vénissians de comprendre l’impact de ces politiques de rigueur sur leur quotidien, et nous leur faisons confiance pour défendre leur ville et ses missions.

L’excellent film titré « demain » montre la colère des islandais refusant de payer pour renflouer les banques... Ce que notre gouvernement nous impose avec la baisse des dépenses publiques, les islandais l’ont refusé depuis 2008 à coup de pétitions, manifestations, référendums, élections et même, première historique, d’une nouvelle constitution rédigée par les citoyens eux-mêmes. Le mouvement social contre la loi réduisant le droit du travail est peut-être le prémisse de quelque chose de même nature. C’est bien ce que craint ce gouvernement !

Oui, nous gérons avec rigueur la ville dans le cadre qui nous est imposé, et nous appelons les Vénissians à la désobéissance politique, comme en Islande !