CONTRAT ÉDUCATIF LOCAL -intervention Conseil municipal du 15 octobre 2018

, par  Sophia Brikh , popularité : 62%

Madame le Maire
Mesdames et Messieurs les élus(es)

Le 17 septembre 2018, la Gazette des communes publiait un article au titre éloquent : « Education Nationale, l’inéluctable retrait de l’Etat ». Chiffre à l’appui, le magazine fait la démonstration d’un constant et massif retrait de l’Etat quant au financement de l’éducation. Entre 1980 et 2016, la part de l’Etat est ainsi passée de 67,9% à 57,3%. Ce sont les collectivités qui ont compensé et prennent aujourd’hui en charge presque un quart de la dépense d’éducation (23,7%).

Pour ce gouvernement, comme pour les précédents, l’éducation comme « priorité nationale » n’est que discours.

1 800 postes seront supprimés dans l’Éducation Nationale en 2019. Pour tenter de nous faire digérer la pilule, Jean-Michel Blanquer s’empresse d’annoncer, à grand renfort de tambours, une augmentation du budget de l’Éducation. Ce qu’il oublie de dire, c’est que l’augmentation est microscopique, seulement 1.7%, et reste largement en dessous de l’augmentation du nombre d’enfants scolarisés, donc en dessous des besoins. Il oublie aussi d’expliquer que le gouvernement a décidé d’une baisse de 10% des postes offerts au concours de professeur des Écoles en 2018 après avoir déjà opéré une diminution des postes en 2017. Avec des postes en moins, et une baguette magique, il ouvre des classes pour dédoubler les CP et CE1 en REP et REP +. Bien entendu, pas de magie derrière cela mais une simple stratégie de redéploiement. Déshabiller Paul pour habiller Jacques.

Idem dans le secondaire avec moins 20 % de postes dans les concours externes et 2600 postes d’enseignants supprimés en 2018. Pour pallier le déficit, le ministre compte tirer sur une corde déjà bien tendue en proposant des heures supplémentaires à des enseignants sur-sollicités par un métier exigeant. C’est le retour de la doctrine sarkoziste du « travailler plus pour gagner plus » et nous ne sommes pas étonné car rappelons-nous que sous la présidence de Sarkozy, Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire de 2010 à 2012, avait notamment été chargé de faire appliquer le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite.

Les gouvernements successifs ont tant et si bien abandonnés l’éducation comme priorité nationale que pour la première fois, les crédits de l’armement et de l’éducation sont équivalents. Cette réalité est effrayante, ce projet de société n’est pas le nôtre.

Ce que nous exigeons pour nos enfants, c’est l’égalité des chances, enfin, contre le déterminisme social avec un vrai dispositif « plus de maîtres que de classes » qui ne doit pas être ponctionné par le redéploiement. Nous voulons un plan mercredi réel et sérieux avec des dotations spécifiques au financement des activités périscolaires. Nous voulons des auxiliaires de vie formés, correctement payés et en nombre suffisant pour l’accueil de tous nos enfants en situation de handicap. Nous voulons que l’Éducation nationale réinvestisse le champ de la médecine scolaire depuis longtemps abandonnée. Sur cette question, face à la démission de l’État et considérant l’intérêt supérieur de l’enfant, la Ville de Vénissieux a fait le choix de financer des postes d’infirmières scolaires. Nous ne le regrettons pas mais nous soulignons ici l’inéluctable retrait de l’État dont je parlais en début d’intervention.

Nelson Mandela disait que « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». Nos enfants sont l’avenir de l’Humanité, refusons toute logique marchande et les sacrifices qui en découlent pour leur éducation.

Je vous remercie,