Tronçon Ouest du Périphérique : un débat nécessaire Interview de Michèle PICARD, maire de Vénissieux

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Madame le Maire, vous avez participé récemment à deux débats publics sur le TOP (Tronçon Ouest du Périphérique) et vous avez été très applaudie.
En quoi le TOP-Anneau des Sciences intéresse-t-il Vénissieux ?
- C’est une nécessité pour desservir les communes de la première couronne sans passer par le centre-ville de Lyon, et il doit contribuer à réduire la part de la voiture dans les déplacements quotidiens.
Si le bénéfice pour les lyonnais du centre-ville, avec le déclassement de l’A7, est évident (réduction de trafics routiers et donc des pollutions atmosphériques et sonores), il l’est moins pour les habitants de la 1ère couronne qui seront impactés par les transferts de trafics routiers.

Le TOP concerne d’abord l’Ouest, mais ne doit-il pas tenir compte des riverains du bd Laurent Bonnevay ?
- En effet, si le projet, totalement enterré, protège les habitants de l’Ouest, les riverains du périphérique Est doivent être pris en considération, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Le TOP débouchera sur Bonnevay déjà saturé (140 000 / 160 000 véhicules/jour).
Nous demandons un projet d’aménagement de même qualité, un périphérique Est, rénové et restructuré de St Fons à Villeurbanne/Vaulx-en-Velin, en le couplant, comme à l’Ouest, avec un transport en commun en site propre. Ce projet d’aménagement devra être global et non pas séquentiel en fonction des projets urbains de chacune des villes riveraines.

Le TOP ne risque-t-il pas de se substituer au contournement autoroutier de Lyon passant par l’Ouest (COL) ?
- Oui, le risque est grand de reporter le trafic automobile et camions de transits à l’Est, et de transformer l’Anneau des Sciences en autoroute urbaine avec des trafics encore augmentés. C’est pourquoi la réalisation du Contournement Ouest est un préalable à la réalisation de l’Anneau des Sciences. C’est un dossier qui relève de l’aménagement du territoire national.

Peut-on accepter un péage urbain pour financer un tel projet ?
- Non, ce PEAGE URBAIN exclura du TOP toute une partie de la population, avec le risque évident de report de circulation sur les autres voies existantes. Ce serait, une nouvelle fois, une sélection par l’argent : ceux qui auraient les moyens de contourner l’agglomération par l’ouest et les autres, les habitants des villes populaires, contraints aux trajets plus longs, plus fréquentés, plus polluants.De plus, le coût très élevé ( plus de 2 milliards d’euros ) pèsera de longues années sur les finances du Grand Lyon, donc celles des contribuables, et freinera tous les autres projets, dont ceux pour le transport public. Les choix politiques et techniques sont donc importants, mais il est indispensable
d’interpeller l’Etat qui doit jouer son rôle pour un aménagement d’enjeu régional et national.

A noter que le projet d’’Euro-métropole isolera au contraire le Grand Lyon, seul alors à financer cette infrastructure.
Les Vénissians seront directement impactés par l’Anneau des Sciences, avec l’augmentation du trafic automobile sur le BUS et Laurent Bonnevay.
C’est pourquoi ce débat est nécessaire pour que les habitants de l’Est lyonnais puissent s’exprimer et être entendus. Ils subissent déjà de nombreuses nuisances liées aux infrastructures et ont le sentiment de les cumuler.
C’est dans ce sens que je porterai la contribution de l’équipe municipale auprès de la commission du débat public.