Renouvellement urbain du quartier Minguettes-clochettes La lettre des élus communistes et apparentés de Vénissieux N°56- février 2020

, par  Pierre-Alain Millet , popularité : 43%

Nous sommes heureux d’acter ce projet qui résulte d’un long travail et de longues discussions avec tous les partenaires de cette rénovation urbaine, Métropole, bailleurs sociaux et bien sur l’ANRU qui en est un financeur primordial.

Nous connaissons les critiques de la rénovation urbaine conduite et nous en partageons plusieurs.

Nous regrettons notamment que le gouvernement n’apporte pas un euro et fasse les poches à toute occasion du 1% logement qui est un salaire socialisé, et était, il y a encore quelques décennies, sous la responsabilité des représentants des comités d’entreprises. Aujourd’hui, Action Logement est une énorme machine qui fait appel à la bourse, et considère le logement social comme un actif à valoriser. Cela dit, c’est le principal financeur du logement social et de la rénovation urbaine, et c’est donc un partenaire important de notre ville.

Nous regrettons aussi que l’ANRU refuse toujours de répondre à la demande de dérogation de la Métropole pour la reconstitution du logement social dans les villes au-dessus de 50% SRU. Nous partageons cette demande car il faut du logement social neuf y compris dans les quartiers prioritaires si nous ne voulons pas, dans 20 ans, de nouvelles ségrégations.

Nous regrettons aussi que l’ANRU ne s’accompagne pas de moyens opérationnels. Avec 450M€ d’investissements, il faut du monde pour réaliser les projets.

Nous regrettons enfin que l’ANRU ait remis en cause le principe de reconstitution préalable aux démolitions qui était annoncé et qui aurait changé radicalement les conditions du relogement.

Mais nous affirmons que l’intérêt de nos quartiers populaires, l’intérêt des Vénissians qui font face aux difficultés sociales, de déplacements, de précarité, de citoyenneté et d’incivisme. Tous ont intérêt à ce que la ville se transforme, tous ont besoin de nouvelles constructions, plus adaptées aux demandes de logement actuelles, aux besoins du vieillissement, du handicap, des familles monoparentales... Tous ont besoin que les circulations soient repensées, autour des transports en commun, de sortir de cet urbanisme des parkings qui fait que nos enfants se promènent au milieu des voitures dans des espaces sans trottoirs. Tous ont besoin de mieux valoriser les espaces verts et demandent d’en créer de nouveaux. Des espaces qualitatifs et pas de simples aménagements où la ville compense par un jeu pour enfants l’absence d’aménagement global des espaces.

C’est pourquoi oui, nous sommes fiers d’un projet urbain ambitieux, 5 fois plus important que ce qui avait été réalisé dans la phase 1 de la rénovation urbaine. Mr Girard, votre discours sur cette question est irresponsable et insultante pour les acteurs de ce projet comme pour les habitants. Nous obtenons une somme énorme, 134 M€. Quelques projets n’ont pas été retenus par l’ANRU ce que nous regrettons évidemment, mais nous ne les abandonnons pas, ni la reconstitution de la piscine, ni celle de la maison des fêtes et familles.

Oui, nous sommes fiers d’un projet environnemental.
Nous voulons revaloriser le parc des Minguettes, qui souffre des canicules successives, et a perdu de nombreux arbres. Nous voulons une insertion urbaine au profit des habitants, qui favorise les usages familiaux, de détente, sportif, et réduise les mésusages que nous connaissons bien. Relier ce parc au projet d’anneau des parcs jusqu’au Grande Terres, créer de véritables portes rendant visible l’accès sera un facteur de transformation pour une meilleure reconnaissance de la place de la nature dans ce quartier.

Avec la ZAC Balmes-Monmousseau, nous voulons aller vers un véritable écoquartier, travailler sur la conception des constructions comme des espaces, sur le lien entre l’ancienne ZUP et ces balmes qui réservent des surprises au promeneur. Montez à pied par Billon sur le plateau un jour de soleil et vous serez surpris d’une ambiance de petit village espagnol perché sur sa colline. C’est cela que nous allons revisiter en travaillant ce lien entre le quartier Monmousseau et le cœur de ville.

Oui, nous sommes fiers d’un projet social.
Nous savons que le relogement urbain est un défit. 60% des habitants souhaitent rester à Vénissieux, et le manque de logements, le recul de la construction depuis 2017 et les coups portés par ce gouvernement contre le logement social rend ce relogement toujours plus difficile.
Nous nous donnons l’opportunité d’aller encore plus loin dans la déconstruction de l’image de quartiers de relégation et nous voulons permettre à tous les habitants, des tours et des barres, d’être fiers et heureux de leur quartier populaire.

Enfin, Oui, nous sommes fiers d’un projet citoyen.
La citoyenneté est un défi, parce que malheureusement, les habitants sont d’abord préoccupés par le quotidien. Ce n’est pas un fait vénissian, mais un élément de la crise profonde de la démocratie dans les pays développés. Nous ferons de l’intervention citoyenne une des forces de cette rénovation urbaine et c’est pourquoi nous proposerons de véritables ateliers participatifs d’architecture pour la ZAC Monmousseau.

Nous avons les yeux grands ouverts sur les difficultés de la transformation urbaine, sur la précarité, la pauvreté, sur le recul de la République et le désengagement de l’État. Mais la politique de la ville est une opportunité pour construire avec les Vénissians une ville humaine, solidaire et citoyenne et nous les appelons à y contribuer.