PROJET ÉDUCATIF DE TERRITOIRE La lettre des élus communistes et apparentés de Vénissieux N°45- Mars 2018

, par  Michèle Picard , popularité : 57%

En juin 2017, le gouvernement lançait deux gros chantiers scolaires sans se soucier des problèmes organisationnels et financiers consécutifs et laissant les élus locaux se débrouiller.

D’abord, les classes de CP à 12 (et pour la rentrée prochaine les CE1), qui, même s’il s’agit d’une avancée pour les élèves, représente beaucoup de créations de classes, sans moyens supplémentaires. Les élus locaux ont été placés au pied du mur, contraint d’ouvrir dans l’urgence les classes nécessaires.

Ensuite, concernant les rythmes scolaires, les villes peuvent désormais, si elles le souhaitent, déroger à la règle des 4.5 jours.
Cela signifie clairement que pour la première fois en France, il n’y a plus de cadre et d’équité nationale.

En 2013, pour appliquer la réforme des 4.5 jours, la ville a fait le choix de construire un véritable projet éducatif de territoire (PEDT) ambitieux sur tous les temps de l’enfant. Cette réforme a été mise en place sur Vénissieux après un an de large concertation avec l’Inspection de l’Éducation Nationale, les enseignants, les partenaires socio-éducatifs, les parents, les agents de la Ville. Le temps de travail et les missions de 600 agents de la Ville ont été modifiés.

Ce que l’on oublie de rappeler concernant la réforme des 4.5 jours, c’est qu’il s’agissait en vérité d’un véritable transfert de 3 heures d’école de l’État aux communes.

Ce PEDT, que nous avons mis une année à construire, ne peut être détricoté instantanément. Pour nous, la question ne se pose pas simplement en terme de 4 jours ou 4 jours et demi de présence des enfants à l’école, mais bien en terme de contenu et de qualité de ce que nous sommes en capacité de leur proposer, au regard des moyens disponibles.

Dans un premier temps, il y a nécessité de faire le bilan du fonctionnement à 4 jours et demi et de tous ce que la Ville a construit comme dispositifs périscolaires pour accompagner les enfants dans ces rythmes. Une large concertation va démarrer dès le mois d’avril. Elle débutera par une évaluation-concertation : un bilan sérieux et des temps d’échanges nécessaires pour entendre tous les besoins et notamment les besoins des enfants. De ces échanges, naîtront des propositions d’organisation, au delà de la simple question du choix entre 4 jours ou 4 jours et demi.

Pour l’académie de médecine :
« La semaine de quatre jours est un contre sens biologique qu’il faut abolir en aménageant impérativement le temps scolaire sur quatre jours et demi ».
Elle appelle tous les acteurs concernés – enseignants, parents, pouvoirs publics – à « dépasser la polémique autour de la seule semaine de quatre jours » et à considérer le « temps de vie de l’enfant »