DEBAT D’ORIENTATIONS BUDGETAIRES La lettre des élus communistes et apparentés de Vénissieux N°38-Janvier 2017

, par  Pierre-Alain Millet , popularité : 31%

Ce débat d’orientations budgétaires confirme l’écart entre la situation politique locale, une équipe stable qui maintient le service public malgré l’austérité qui nous est imposée, et la crise économique et sociale qui devient au plan national de plus en plus une crise politique et institutionnelle.

Pourtant, toutes les oppositions de ce conseil s’étaient retrouvées en 2014 et 2015 autour d’un slogan « en finir avec 80 ans de communisme », pensant pouvoir déstabiliser la majorité municipale. Mais si notre majorité est solide et au travail pour les habitants, les forces politiques nationales que représentent les oppositions locales sont en crise profonde. Exit Sarkozy et Juppé, exit aussi Hollande. Fillon réussit comme Sarkozy en 2007 à se présenter comme l’homme de la rupture, mais si Sarkozy le faisait avec son slogan du « travailler plus pour gagner plus », Fillon, ancien premier ministre battu en 2012 le renouvelle dans le cynisme du «  travailler plus pour gagner moins » ! Exit aussi Jean-Marie Le Pen viré par sa fille, qui se retrouve à faire l’équilibriste entre la surenchère contre les musulmans, les pauvres, les immigrés en général, et la tentation de prendre Fillon de gauche en défendant, comble de l’ironie, la sécurité sociale créée par le ministre communiste Ambroise Croizat !

Les habitants sont nombreux à nous dire qu’ils n’y comprennent plus rien, et ne savent plus quoi penser des débats politiques médiatiques, mais ce n’est pas eux qui n’y comprennent plus rien, ce sont les élites politiques de droite, d’extrême-droite et du parti socialiste qui ne savent plus à quoi se raccrocher, à force de ces discours marketing répétés sur l’Europe sociale, la mondialisation heureuse, l’innovation créatrice d’emplois, la privatisation pour retrouver la croissance. Ces idées ne sont que des joutes médiatiques, inutiles pour s’attaquer au chômage, à la précarité, aux violences. Au niveau local, elles ne servent qu’à opposer, diviser, faire grandir les tensions en espérant fragiliser la ville et en retirer des bénéfices politiciens.
D’ailleurs, on ne sait plus trop qui est qui désormais entre gauche et droite. Les dirigeants socialistes de la métropole rejoignent le centre Macroniste et localement le PS vénissian lance un appel aux électeurs de droite, affirmant « ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare »… On ne sait pas si Mr Ben Khelifa se contentera d’être troisième de liste derrière Mr Girard, ou s’il espère que Mr Girard accepte d’être 3eme de liste, mais peu importe, quelle confusion pour les militants socialistes bien mal en point après cinq ans de Hollande... Et avec Fillon qui drague tous les conservatismes religieux et moraux, on ne sait plus si l’extrême-droite est vraiment à droite de la droite…

Oui, personne n’y comprend plus rien parce que les fonds politiques de la droite, de l’extrême-droite et du parti socialiste sont vides de tout espoir, ils peuvent changer de nom ou de logo, cela ne changera rien.
Et en regard, ce qui est de plus en plus clair, c’est que le communisme municipal dont nous avons hérité et que nous faisons vivre dans un large rassemblement local républicain a de beaux jours devant lui !

Le débat d’orientations budgétaires est un moment pour le vérifier. Nous avions l’an dernier mené un grand débat public pour définir la stratégie de la Ville face aux attaques brutales contre les communes, attaques par la baisse de 6M€ de dotation globale de fonctionnement depuis 2011, attaques aussi institutionnelles avec la création de la Métropole qui a transformé une intercommunalité en un nouveau pouvoir politique organisant la concurrence entre les agglomérations, et qui réduit l’autonomie politique des communes, pourtant inscrite dans la Constitution. Un seul exemple révélateur du sens de cette transformation. Le Conseil général établissait avec les communes des contrats pluriannuels pour des projets d’investissements. Plus de un million par an pour Vénissieux, et bien ces dotations ont tout simplement disparues avec la Métropole !

Nous faisons ce que nous avons dit. Nous maîtrisons la masse salariale, malgré les créations d’écoles, en cherchant de nouvelles organisations de services plus efficaces, nous maîtrisons les dépenses de fonctionnement, et il faut noter nos efforts de maîtrise des consommations, notamment énergétiques, malgré le fait que, pour l’électricité, une consommation en baisse constante se traduit malgré tout par une facture en hausse constante, et au total, nous arrivons même à réduire un peu la dette, tout en maintenant notre niveau d’investissement et donc nos projets.

Je vous rassure, nous ne prenons pas la grosse tête, car pour les prochaines années, nous savons que la baisse des dotations va se poursuivre, et que nous ne pouvons pas relâcher l’effort. Nous avons bien entendu votre candidat aux présidentielles, Mrs Girard et Iacovella, qui annonce des réductions massives de dépenses publiques et des suppressions massives d’emplois d’instituteurs, de policiers, d’infirmiers… et nous avons bien entendu le votre, Mr Ben Khelifa, que ce soit désormais Macron ou Valls, car pour les services publics et les dépenses publiques, il y a effectivement quelque chose qui vous rassemble, l’austérité.

Nous disons la vérité aux Vénissians et aux fonctionnaires, la situation de la Ville reste fragilisée par l’austérité budgétaire et les réformes institutionnelles, mais nous tenons le cap, nous travaillons avec rigueur et transparence pour défendre le service public municipal, et nous les appelons tous à se mobiliser pour leurs écoles, leurs quartiers, leurs logements, leurs équipements publics, leur cadre de vie...bref, pour leur commune.